Un cours de yoga le lundi, des fruits le mardi, un massage assis le jeudi. Le vendredi, tout le monde a passé une bonne semaine, et le lundi suivant, la charge de travail est la même qu’avant. Une semaine QVCT réussie ne se juge pas à l’ambiance du vendredi, mais à ce qui a changé trois mois plus tard.
La Semaine pour la qualité de vie et des conditions de travail, organisée chaque année en juin par l’Anact, est une bonne occasion de parler du travail lui-même. Voici les dates et le thème, ce qu’a changé le passage de la QVT à la QVCT, un programme jour par jour, le budget à prévoir et la façon de mesurer l’effet.
Sources : Anact ; baromètre Absentéisme Malakoff Humanis 2026.
Lecture rapide
Dates et thème de la Semaine QVCT
La Semaine pour la QVCT est organisée depuis 2004 par l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) et ses agences régionales. Depuis le 1er janvier 2023, les anciennes Aract, qui étaient des associations régionales, font partie de l’Anact. Chaque année, un thème, des webinaires, des ateliers et des tables rondes partout en France, et un kit pour que les entreprises organisent leurs propres actions.
L’édition 2026 a eu lieu du 15 au 19 juin, sur le thème « Manager, c’est tout un travail ! ». Trois webinaires l’ont structurée : réguler la charge de travail de son équipe, parler du travail pour l’améliorer, soutenir le travail des managers.
| Édition | Dates | Thème |
|---|---|---|
| 2024 (21e) | 17 au 21 juin | Anticiper le travail de demain |
| 2025 (22e) | 16 au 20 juin | Parler du travail, c’est productif ! |
| 2026 (23e) | 15 au 19 juin | Manager, c’est tout un travail ! |
Les dates 2027 ne sont pas encore annoncées. Le rendez-vous tombe toujours la troisième semaine de juin, du lundi au vendredi : on peut donc bloquer mi-juin 2027 dès maintenant. Et rien n’oblige à caler votre semaine sur celle de l’Anact : si juin est votre pic d’activité, organisez-la en septembre ou en octobre. Mieux vaut une semaine décalée qu’une semaine bâclée.
De la QVT à la QVCT : ce qui a changé
Pendant longtemps, on parlait de QVT, la qualité de vie au travail. L’accord national interprofessionnel du 9 décembre 2020 sur la santé au travail a ajouté un « C » : qualité de vie et des conditions de travail. La loi du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail l’a inscrit dans le Code du travail, avec effet au 31 mars 2022.
La nuance compte : la QVCT ne parle pas d’ambiance, elle parle du travail. Charge, organisation, horaires, outils, locaux, prévention des risques. Le baby-foot n’en fait pas partie. Le bruit de l’open space, si.
C’est aussi un sujet de négociation obligatoire. Dans les entreprises où existe au moins une section syndicale d’une organisation représentative, l’employeur doit négocier au moins une fois tous les quatre ans (chaque année sans accord de méthode) sur l’égalité professionnelle et la QVCT. L’article L2242-17 du Code du travail liste les thèmes : articulation vie personnelle et vie professionnelle, droit à la déconnexion, expression des salariés, insertion des travailleurs handicapés, mobilité domicile-travail pour les sites de 50 salariés et plus… La loi de 2021 permet d’y ajouter la santé, la sécurité et la prévention des risques (article L2242-19-1).
Votre semaine QVCT, obligation ou initiative ?
Vous avez un délégué syndical dans l’entreprise ?
👉 La négociation QVCT est obligatoire. Servez-vous de la semaine pour recueillir la matière de la prochaine négociation : les irritants, les propositions, les priorités des équipes.
Vous avez un CSE mais pas de délégué syndical ?
👉 Pas de négociation obligatoire, mais associez le CSE à la préparation : il connaît les sujets qui fâchent, et sa présence crédibilise la démarche.
Moins de 11 salariés, pas d’instance ?
👉 Aucune obligation. Une demi-journée d’atelier sur l’organisation du travail vaut mieux qu’une semaine d’animations.
Le piège du happy washing
Le happy washing, c’est afficher le bien-être sans toucher aux conditions de travail : des séances de méditation pour des équipes en sous-effectif chronique, une appli de gestion du stress quand le stress vient de réunions à 19 h. Les salariés le repèrent tout de suite, et la semaine devient une source d’ironie à la machine à café.
Les données vont dans le même sens. Une étude du Wellbeing Research Centre de l’université d’Oxford, publiée en 2024 dans l’Industrial Relations Journal, a comparé 46 336 salariés de 233 organisations britanniques : ceux qui avaient suivi des programmes individuels (pleine conscience, résilience, gestion du stress, applis de bien-être) ne se portaient pas mieux que les autres. L’auteur conclut qu’il faut agir sur l’organisation : plannings, pratiques managériales, moyens, conception des postes. C’est une étude transversale, pas un essai contrôlé, mais elle rejoint exactement le virage pris par l’Anact.
❌ Semaine « vitrine »
- Programme décidé par la direction
- Yoga, massages, corbeille de fruits
- Aucun manager impliqué
- Rien ne se passe ensuite
✅ Semaine utile
- Sujets choisis avec les équipes et le CSE
- Ateliers sur le travail réel : charge, outils, espaces
- Managers animateurs des échanges
- Trois engagements datés, suivis à trois mois
Les animations détente ne sont pas interdites : elles font plaisir et créent du lien. Elles doivent simplement accompagner le fond, pas le remplacer.
Préparer la semaine en six semaines
Six semaines suffisent pour une PME. Le point critique, c’est la consultation : sans elle, vous choisirez les sujets à la place des équipes.
Le questionnaire tient en trois questions : qu’est-ce qui vous empêche de bien travailler ? Qu’est-ce qui marche et qu’il faut garder ? Sur quoi voulez-vous qu’on avance cette année ? Ajoutez le service de prévention et de santé au travail (SPST) et le médecin du travail dans la boucle : ils connaissent vos risques et peuvent parfois animer un atelier.
Conseil
Publiez les résultats du questionnaire avant la semaine, même s’ils ne sont pas flatteurs. C’est le meilleur moyen de remplir les ateliers : les gens viennent quand ils voient que leurs réponses ont été lues.
Un programme jour par jour
Voici une trame calée sur le thème 2026, le management et la charge de travail, facile à adapter. Un temps fort par jour, pas plus, d’une heure à une heure trente, et le reste de la journée normal : sinon, la semaine QVCT alourdit la charge qu’elle prétend alléger.
- Lundi, lancement. La direction présente les résultats du questionnaire et les trois sujets retenus. Quinze minutes, debout, café offert.
- Mardi, la charge de travail. Chaque équipe cartographie sa semaine type avec son manager : ce qui prend du temps, ce qui pourrait sauter, les réunions de trop. L’Anact propose des outils dans son kit entreprise.
- Mercredi, les espaces. Balade dans les locaux en petits groupes : où fait-on les appels, où se concentre-t-on, où déjeune-t-on ? Chacun note les irritants. C’est la base d’un aménagement participatif : le bruit, la lumière, les salles introuvables.
- Jeudi, le corps au travail. Atelier postures avec un ergonome ou le SPST, réglage des sièges et des écrans poste par poste, sensibilisation aux troubles musculo-squelettiques. Faites essayer un bureau assis-debout ou un tapis de marche sous le bureau : le jeudi sert aussi à bouger davantage.
- Vendredi, les engagements. Restitution collective : trois actions, un responsable, une date. Puis un moment convivial, bien mérité cette fois.

Pour des idées d’animations plus légères à glisser entre ces temps forts, piochez dans nos idées pour améliorer le bien-être de vos employés.
Quel budget prévoir ?
Bonne nouvelle : l’essentiel d’une semaine QVCT utile ne coûte presque rien, puisqu’il s’agit de temps d’échange. L’argent sert surtout aux intervenants extérieurs et aux actions qui suivent.
| Poste | Coût | Remarque |
|---|---|---|
| Kit et webinaires de l’Anact | Aucun | Supports, affiches, outils d’animation |
| Ateliers animés en interne | Temps des équipes | Le vrai coût : une à deux heures par salarié |
| Atelier du SPST | Souvent inclus | Selon l’offre de votre service de santé au travail |
| Intervenant extérieur (ergonome, sophrologue) | Sur devis | Demandez deux ou trois devis |
| Moments conviviaux | Petit budget | Café, petit-déjeuner, goûter |
| Actions décidées le vendredi | Le vrai budget | Acoustique, sièges, salles, organisation |
Le dernier poste est celui qu’on oublie. Si les équipes pointent le bruit ou les sièges, prévoyez dès le départ une enveloppe pour agir dans les trois mois. Pour la chiffrer, notre guide du budget d’aménagement de bureau donne des fourchettes par poste.
Mesurer l’effet après la semaine
On ne mesure pas l’effet d’une semaine QVCT sur l’absentéisme de l’année : trop de facteurs jouent. On mesure ce qui a été fait. Quatre indicateurs suffisent :
- Le taux de participation aux ateliers, par équipe (une équipe absente est une information)
- Le nombre de propositions remontées pendant la semaine
- La part des engagements tenus à trois mois, publiée à tous
- Les trois questions du questionnaire, reposées six mois plus tard, pour comparer

Sur l’année, suivez aussi l’absentéisme, le turnover et les demandes de visite au médecin du travail. Ils ne diront pas si la semaine a marché, mais ils diront si la démarche QVCT, dans son ensemble, avance. Pour situer vos chiffres, nos statistiques sur le bien-être au travail donnent les repères nationaux.
📅 Le rendez-vous à trois mois
Bloquez dès le vendredi une réunion de 30 minutes en septembre (ou trois mois après votre semaine). Ordre du jour unique : où en sont les trois engagements ? Ce rendez-vous distingue une démarche QVCT d’un événement.
Et pour garder le fil le reste de l’année, d’autres dates s’y prêtent : la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail le 28 avril, et la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées en novembre.
Questions fréquentes
Quand a lieu la semaine QVCT 2026 ?
Du 15 au 19 juin 2026, sur le thème « Manager, c’est tout un travail ! ». C’était la 23e édition. Les dates 2027 ne sont pas encore connues, mais la semaine se tient toujours mi-juin.
Quelle est la différence entre QVT et QVCT ?
La QVCT ajoute explicitement les conditions de travail : organisation, charge, santé, sécurité, prévention des risques. Le terme vient de l’accord national interprofessionnel du 9 décembre 2020, repris par la loi du 2 août 2021 sur la santé au travail.
La semaine QVCT est-elle obligatoire ?
Non. C’est une initiative de l’Anact, libre de participation. En revanche, la négociation sur l’égalité professionnelle et la QVCT est obligatoire dans les entreprises qui ont au moins une section syndicale représentative.
Quelles activités proposer pour une semaine QVCT ?
Des ateliers sur le travail réel d’abord : charge de travail, réunions, espaces, postures. Puis quelques moments conviviaux ou de détente. L’important est que chaque atelier débouche sur une proposition concrète.
Qui organise la semaine QVCT en entreprise ?
Souvent les RH ou l’office manager, mais la préparation gagne à être partagée avec le CSE, les managers et le service de santé au travail. Les managers, en particulier, doivent animer plutôt que simplement participer.
Une PME peut-elle organiser une semaine QVCT ?
Oui, et c’est souvent plus simple : moins de logistique, des échanges plus directs. Un temps fort d’une heure par jour, ou même une seule demi-journée, suffit.
Une semaine pour lancer, une année pour tenir
La Semaine QVCT n’est qu’un point de départ. Si elle fait remonter le bruit, les sièges ou le manque de salles, c’est une bonne nouvelle : ce sont des problèmes qu’on sait régler.
🎁 Votre semaine QVCT a fait remonter des irritants ?
Parlez-nous de votre projet : acoustique, sièges ergonomiques, bureaux assis-debout, espaces de pause. On vous aide à transformer les propositions de vos équipes en aménagements concrets. Et profitez de 5 % de réduction sur l’ensemble du mobilier Kollori avec le code blogko5.
—
Envie de recevoir nos prochains guides ? Abonnez-vous à notre newsletter 😉



