Flex Office : définition, avantages et inconvénients

Flex office : définition, avantages, inconvénients et exemples

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Flex office : définition, avantages, inconvénients et exemples

« On passe en flex office à la rentrée. » Selon qui l’entend, la phrase promet des bureaux plus vivants… ou la fin de son bureau à soi.

Commençons par définir. Le flex office est une organisation des bureaux où le partage des postes est généralisé à toute l’entreprise ou à un service : personne n’a de poste attitré, on s’installe chaque matin à une place libre choisie selon sa tâche, et on la libère le soir.

Le sujet divise. 21 % des actifs travaillant dans des bureaux étaient en flex office en 2023, contre 6 % en 2017 (baromètre Actineo). Mais près de 60 % des salariés sans poste attribué préféreraient un espace à eux (enquête mondiale Gensler 2026).

Notre parti pris : le flex office n’est ni une arnaque aux mètres carrés, ni la révolution promise. C’est un outil. Bien dimensionné et bien aménagé, il libère de la place et de l’argent. Plaqué sur une équipe présente quatre jours sur cinq, il fabrique surtout des matinées à chercher une chaise.

Bonne nouvelle : le flex office n’est pas réservé aux tours de La Défense. Une équipe de 15 personnes en télétravail partiel se pose les mêmes questions.

21 %
des actifs en bureau sans poste attitré en 2023 (6 % en 2017)
11 111 €
le coût complet moyen d’un poste de travail en 2024
52 %
d’occupation des postes le mardi, contre 30 % le vendredi

Sources : Actineo 2023 ; IDET, Buzzy Ratios 2025 ; XY Sense, premier trimestre 2026 (panel mondial).

Qu’est-ce que le flex office ?

C’est une organisation d’ensemble des bureaux, pas un meuble ni une application. FranceTerme l’appelle « plateau de bureau flexible » et le définit comme un « espace de travail aménagé pour une pratique généralisée de partage de bureau dans une entreprise ou un service » (Journal officiel du 29 juin 2024).

Le mot important est « généralisée ». Deux commerciaux qui se partagent un bureau dans des locaux classiques, ce n’est pas du flex office, c’est du partage de bureau. On détaille cette pratique voisine dans notre article sur le desk sharing.

Au quotidien :

  • On choisit un poste libre selon sa tâche du jour : zone calme, table d’équipe, cabine pour un appel.
  • On réserve parfois sa place ou sa salle via une application (voir notre sélection de logiciels de flex office).
  • On range ses affaires dans un casier, pas dans un tiroir de bureau.
  • Le soir, on libère entièrement le poste : c’est la règle du clean desk.

🪑 Poste attribué

  • Un bureau par personne, occupé ou non
  • Photos et dossiers restent sur place
  • Des équipes figées sur le plan
  • On dimensionne sur l’effectif

🔄 Flex office

  • Des postes partagés, moins nombreux que les salariés
  • Un casier pour les affaires, un poste vide le soir
  • Des espaces variés selon l’activité
  • On dimensionne sur le pic de présence mesuré
Postes de travail séparés par des cloisons jaunes et orange, avec caissons de rangement et chaises de bureau blanches, vus en plongée

Flex desk, hot desking, desk booking : le vocabulaire

Le flex office est arrivé avec son lot d’anglicismes, souvent confondus :

TermeCe que ça veut direÀ retenir
Flex office (plateau de bureau flexible)Partage des postes généralisé à une entreprise ou à un serviceUne organisation d’ensemble
Desk sharing (partage de bureau)Plusieurs salariés occupent à tour de rôle le même bureauUne brique du flex office, possible dans des locaux classiques
Hot deskingOn s’installe au poste libre de son choix, sans réserverPremier arrivé, premier servi
Desk booking (réservation de bureau)On réserve à l’avance un poste non attribuéL’inverse du hot desking
Flex deskSelon les sources, le flex office lui-même ou le poste non attribuéTerme ambigu : précisez toujours le sens
Clean deskOn libère entièrement son poste chaque soirLa contrepartie du poste partagé
Activity based working (ABW)On change d’espace au fil de la journée selon l’activitéLe flex office, où « l’activité détermine le lieu »

Sources : FranceTerme et Office québécois de la langue française. Clean desk et ABW n’ont pas de définition officielle : on suit l’usage courant.

⚠️ Le piège du « bureau flexible »

Dans l’immobilier, « bureau flexible » désigne une location de bureaux sans bail commercial classique 3/6/9 : coworking ou bureau opéré (bureaux privatifs équipés, avec services), pour 3 mois comme pour 3 ans, selon BNP Paribas Real Estate. Rien à voir avec l’organisation de vos postes.

Espace de coworking dans un loft, avec de longues tables en bois partagées et des guirlandes lumineuses au plafond

Le flex office en chiffres

Les enquêtes ne mesurent pas toutes la même chose, mais la progression est nette jusqu’en 2024 :

  • 16 % des salariés de bureau en mars 2021 (Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès, 1 001 salariés) ;
  • 21 % en 2023, contre 6 % en 2017 (baromètre Actineo, 1 200 actifs en bureaux) ;
  • 26 % selon l’étude JLL publiée en janvier 2024, qui projetait 40 % « d’ici deux ans ». Faute de nouvelle mesure (Actineo 2025 n’en donne pas), cette projection reste à vérifier.

Côté bureaux, beaucoup de postes restent vides : 43 % d’utilisation moyenne en 2025, contre 60 à 65 % environ avant la pandémie, et un poste sur quatre inutilisé un jour donné (XY Sense, capteurs dans 9 pays).

Salarié en télétravail sur son ordinateur portable, installé à une table en bois près d’une fenêtre

Les avantages du flex office

Les avantages sont bien réels… à condition d’aller les chercher.

1. On arrête de payer des postes vides. Un environnement de travail a coûté en moyenne 11 111 € par poste en 2024 (+2 % sur un an), selon les Buzzy Ratios 2025 de l’IDET, en coût complet (immobilier, exploitation, services, travaux). L’immobilier en est le premier poste, avec 8 063 € par poste, et l’IDET fait lui-même le lien : sa hausse « reste contenue grâce à la généralisation du flex-office et à la rationalisation des surfaces ».

2. Des surfaces qui peuvent fondre. Selon JLL, généraliser deux jours de télétravail par semaine permet de réduire la surface de bureaux d’environ 30 %. Un ordre de grandeur de conseil, pas une mesure : tout dépend de votre pic de présence.

3. Plus d’espaces différents sur la même surface. Les m² gagnés deviennent cabines, salles ou espace détente. À la Société Générale, le directeur immobilier le résumait ainsi : « Le sujet n’était pas de faire des économies d’espaces, mais de mieux utiliser les mètres carrés » (My Happy Job, juillet 2022).

4. Des équipes qui se croisent, faute de plan de table figé : les espaces communs deviennent un levier de bien-être des salariés.

5. Un bureau calé sur le travail hybride : le nombre de postes suit enfin la présence réelle. Voir notre guide du travail hybride.

Et 71 % des salariés passés au flex office se disent satisfaits de sa mise en place (sondage CSA pour JLL, relayé par Republik Workplace).

Conseil

Décidez dès le départ ce que vous ferez des m² libérés : les rendre (économies) ou les transformer (confort). Un projet qui promet les deux à la fois déçoit presque toujours.

Les inconvénients du flex office

Le premier coût est le plus difficile à chiffrer : la concentration et le sentiment d’appartenance. Dans l’enquête mondiale 2026 de Gensler, l’écart atteint 13 points sur ces deux questions.

Le bureau soutient efficacement la concentration

Avec poste attribué80 %
Sans poste attribué67 %

Je me sens appartenir à mon entreprise

Avec poste attribué87 %
Sans poste attribué74 %
Source : Global Workplace Survey 2026 de Gensler (16 459 salariés de bureau, 16 pays), chiffres cités par sa coprésidente Diane Hoskins dans Fortune (avril 2026).

Au quotidien, ce qui coince :

  • Un bureau impersonnel : on travaille chez tout le monde, donc un peu chez personne.
  • Il faut s’organiser à l’avance : réserver sa place, prévenir son équipe, trouver une salle.
  • Retrouver ses collègues devient un jeu de piste si les équipes n’ont pas de zone à elles.
  • Des réglages à refaire chaque matin : siège, écran, hauteur du plan. Sur des postes non attribués, l’INRS demande que ces réglages soient « simples et intuitifs ».
  • Le bruit : plus de monde en espace ouvert, c’est plus d’appels. Voir comment réduire le bruit en open space.
  • Des places qui manquent les jours de pointe, si l’on a dimensionné sur la moyenne.

En 2021, 36 % des salariés sans bureau attitré prêtaient à la configuration de leur espace de travail une influence négative sur leur santé (Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès). Quand le bureau ne donne plus envie, on n’y passe qu’en coup de vent : c’est le coffee badging. Pour inverser la tendance, voyez comment motiver le retour au bureau.

Poste de travail très personnalisé : bureau blanc, cartes et calendrier au mur, bibliothèque et planche de surf, tout le contraire d’un poste partagé

Pour qui ça marche (et pour qui non)

Votre entreprise est-elle prête pour le flex office ? Cochez ce qui s’applique :

  • Vos équipes télétravaillent au moins un jour par semaine.
  • Chaque jour, des postes restent vides (déplacements, clients, congés).
  • Peu de métiers dépendent de dossiers papier ou d’équipements fixes.
  • Vous pouvez rendre ou réaffecter des m² (fin de bail, déménagement, extension).
  • Vos managers pilotent déjà aux résultats plutôt qu’à la présence.
  • Vous êtes prêt à associer les salariés et leurs représentants (le CSE est obligatoire dès 11 salariés, un effectif atteint pendant 12 mois consécutifs).

🎯 Votre score

0 à 2 cases : le flex intégral est prématuré ; mesurez d’abord la présence.
3 à 4 cases : commencez par des zones par équipe ou un test sur un service.
5 ou 6 cases : vous êtes prêt. Reste à bien dimensionner.

Ensuite, choisissez la formule :

Flex intégral, zones par équipe ou postes attribués ?

Un travail de concentration la plupart du temps ?

👉 Poste attribué, ou au minimum des espaces calmes garantis.

Un salarié dont le poste est adapté à sa situation (aménagement de poste) ?

👉 Poste attribué ou bureau fermé pour lui.

Des métiers liés à un lieu ou à la confidentialité (accueil, paie, RH) ?

👉 Des postes attribués pour eux, du flex pour les autres.

Une présence de 1 à 2 jours par semaine ?

👉 Flex office : c’est là que les postes vides coûtent le plus cher. Si les équipes doivent se retrouver les mêmes jours, préférez des zones par équipe au flex intégral.

Une présence de 3 jours ou plus par semaine ?

👉 Un poste attribué est envisageable : le nombre de postes à économiser se réduit. La coprésidente de Gensler, Diane Hoskins, suggère d’attribuer un poste à partir de trois jours de présence par semaine (tribune dans Fortune, avril 2026). C’est l’avis d’un cabinet d’architecture, pas une règle.

Vous hésitez encore ?

👉 Testez sur un service en gardant une porte de sortie : l’INRS comme la CFDT Cadres conseillent un projet réversible.

Dans tous les cas, gardez quelques postes libres pour les visiteurs et les nouveaux arrivants.

Combien de postes prévoir ? Le calcul au jour de pointe

Le rapport entre postes et collaborateurs s’appelle le taux de flex, ou taux de foisonnement (rien à voir avec le terrassement) : 0,7, c’est 7 postes pour 10 salariés. Selon JLL, cité par l’éditeur Deskare en 2023, il est en moyenne de 0,5, et varie de 0,3 à 0,9 selon les services. Mais ne partez pas d’un ratio : partez de votre pic de présence.

L’INRS est clair : le taux de partage doit reposer sur le taux de présence « le plus important et non sur un taux de présence moyen », mesuré « sur une durée suffisamment longue ». Les capteurs le confirment : 52 % d’utilisation le mardi, 30 % le vendredi (XY Sense, début 2026, panel mondial). En France, le pic d’occupation moyen atteint 56 %, contre 52 % dans le monde (données Measuremen relayées par Republik Workplace). La règle : on dimensionne sur le mardi, pas sur la moyenne.

Autre piège, la règle affichée : selon Flex Index, cité par Fortune (août 2025), le temps de bureau exigé dans 14 000 entreprises est passé de 2,57 à 2,87 jours par semaine depuis début 2024, mais la présence réelle n’a progressé que de 1 à 3 %. Mesurez la présence réelle, pas la règle.

📐 La formule

Postes à prévoir = pic de présence mesuré + marge + postes restés attribués

Le pic se mesure sur les salariés en flex ; cabines et salles de réunion ne comptent pas comme des postes.

La méthode, en 5 étapes :

  1. Mesurez sur plusieurs semaines (badges, réservations, comptages, capteurs), hors vacances.
  2. Repérez le jour ET l’heure du pic : un mardi à 11 h n’est pas un mardi à 17 h.
  3. Comptez à part les postes qui restent attribués : accueil, paie, métiers confidentiels, postes aménagés.
  4. Ajoutez une marge pour les visiteurs et les nouveaux arrivants.
  5. Ne comptez pas les cabines et les salles comme des postes : on y passe une heure, pas une journée.

🧮 Exemple fictif, pour illustrer

Une PME de 60 personnes, dont 4 gardent un poste attribué (accueil, paie).
Pic mesuré chez les 56 autres : 42 présents, le mardi à 11 h.
42 + 4 de marge + 4 postes attribués = 50 postes, soit 10 de moins qu’avec un poste par personne.

💶 Ordre de grandeur des économies : 10 postes en moins × votre coût immobilier par poste, à condition de rendre les m² correspondants. Repère : l’IDET chiffre le coût immobilier moyen à 8 063 € par poste en 2024, mais c’est une moyenne toutes surfaces comprises, pas ce que rapporte un poste supprimé.

❌ L’erreur classique : compter les économies avant d’avoir rendu des m²

Un poste supprimé ne rapporte rien tant que vous payez le même loyer, qui pèse entre 55 et 70 % du coût total de l’immobilier selon JLL. Calez le projet sur votre calendrier immobilier : fin de bail, déménagement, extension.

Pour chiffrer l’aménagement de ces postes, suivez notre budget express en 3 calculs.

Aménager un flex office : la checklist des zones

Un flex office s’organise en deux ensembles : une zone de travail (open space et quelques bureaux fermés pour la comptabilité, les RH ou le juridique) et, autour, des espaces annexes où l’on s’isole, se réunit et se croise.

Ne lésinez pas sur les espaces pour s’isoler. Dans le baromètre Actineo 2025 (Sociovision-Ifop, 1 500 actifs en bureaux), 44 % des salariés souhaitent pouvoir accéder à un bureau fermé quand son occupant n’est pas là, et 25 % à des bulles et des boxes de confidentialité.

Grand plateau de bureaux ouvert où des collaborateurs travaillent ensemble autour d’une table centrale
  • Des postes faciles à régler (siège, écran, plan de travail), « simples et intuitifs » comme le demande l’INRS.
  • Des plateaux à taille humaine : l’INRS recommande d’éviter plus de 10 personnes par espace ouvert et plus de 6 postes par bench.
  • Un casier par salarié en flex. Pour les salariés sans vêtements de travail spécifiques ni EPI, l’employeur peut d’ailleurs remplacer le vestiaire collectif par « un meuble de rangement sécurisé » près du poste (article R4228-2). Voir nos idées de casiers.
  • Des cabines pour les appels et les visios : piochez parmi nos 8 phone box à installer.
  • Des espaces de concentration (focus rooms, bulles), dans l’esprit de l’alonement.
  • Des salles de réunion de plusieurs tailles, dont des « meeting box » pour 2 à 4 personnes.
  • Des zones d’équipe, pour que chacun sache où retrouver les siens.
  • Un espace détente où l’on se croise vraiment.
  • Un traitement acoustique des sols, des murs et du plafond.
  • Un Wi-Fi fiable et de la connectique à chaque poste (écran, chargeur).
  • Un outil de réservation des postes et des salles, voire des capteurs d’occupation qui affichent les places libres.
  • Une signalétique claire des zones ET des règles : zone calme, clean desk, durée des réservations.
  • Quelques postes attribués pour les métiers qui en ont besoin.

Locaux cloisonnés ? Voyez comment aménager un espace de travail flexible autour d’une salle commune polyvalente.

Open space coloré où des panneaux acoustiques sur pied isolent des postes de travail équipés de chaises rouges et vertes

Mettre en place le flex office en 5 étapes

Le pas-à-pas complet est dans notre guide pour mettre en place le flex office. En résumé :

  1. Mesurer avant de décider, avec la méthode du jour de pointe vue plus haut.
  2. Associer les salariés et leurs représentants. Pour l’INRS, l’association des salariés à chaque étape de la conception « joue un rôle essentiel dans sa réussite et son appropriation ». Dès 50 salariés, prévoyez la consultation du CSE sur « tout aménagement important modifiant […] les conditions de travail » (article L2312-8). De 11 à 49 salariés, sa délégation « contribue à promouvoir la santé, la sécurité et les conditions de travail » (Service Public) : associez-la aussi. Le cadre complet est dans notre article flex office et droit du travail.
  3. Tester sur un service, le temps de traverser des semaines chargées et creuses, de corriger et de rassurer.
  4. Fixer les règles du jeu (réservation, clean desk, zones calmes, jours d’équipe), puis les afficher.
  5. Mesurer, ajuster, garder une porte de sortie. L’INRS conseille de prévoir des marges, « voire pouvoir revenir en arrière si cela s’avérait nécessaire », et la CFDT Cadres (guide de 2019) un projet partiellement ou totalement réversible.

Et le management ?

Le flex office change moins les bureaux que la façon de manager. Trois réflexes :

  • Piloter aux résultats, pas à la présence : on ne « voit » plus son équipe en arrivant.
  • Fixer des jours communs par équipe, pour se réunir et échanger en vrai.
  • Donner un quartier à l’équipe, où l’on sait se retrouver.

Et accompagnez les managers, qui absorbent le changement : nos pistes pour adapter le management au travail hybride valent aussi ici, tout comme le travail sur la culture d’entreprise.

Exemples d’entreprises en flex office

Voici des cas documentés et datés. Ils ne racontent pas tous la même histoire.

  • adidas France : dès 2017, bureaux sans poste attribué rue Blanche (Paris 9e), avec des « zones » de 450 m² (Sport Buzz Business, mai 2017). Le principe a survécu au déménagement : depuis fin mai 2023, 300 collaborateurs « corporate » occupent 4 050 m² rue Réaumur (Paris 2e), avec bureaux et salles « 100 % flexibles » et réservables (Points de Vente, juin 2023).
  • leboncoin : au siège (Paris 10e), les 500 collaborateurs des équipes Product, Tech & Data travaillent sur plus de 5 500 m² aménagés pour le flex office, avec des « bulles » pour s’isoler (leboncoin, septembre 2021).
  • Société Générale : 80 % des 28 000 collaborateurs du groupe en Île-de-France étaient en flex office en 2022, une démarche lancée en 2016 avec le campus des Dunes, à Val-de-Fontenay (My Happy Job, juillet 2022).
  • Groupe BPCE : 9 000 collaborateurs des sièges de BPCE et de Natixis regroupés de juin 2022 à janvier 2024 dans deux tours des ateliers Jean Nouvel (Paris 13e), avec « flex office et travail hybride » pour « maîtres mots » (Solutions Numériques, septembre 2022).

Et le revers de la médaille :

  • Bayard : le 14 novembre 2023, jour de CSE, des salariés ont protesté contre le futur passage en flex office des 700 salariés du groupe. Selon un délégué CGT, le taux de flex annoncé est de 70 %, soit 7 bureaux pour 10 salariés (Media-Options, février 2024).
  • TotalEnergies : le flex office doit accompagner l’emménagement dans la tour The Link (La Défense), attendu fin 2026. Dans un questionnaire de la CGT (plus de 450 réponses), plus de la moitié des répondants se disent peu ou pas du tout à l’aise : un sondage syndical, pas une enquête scientifique (CGT TotalEnergies, novembre 2025).

Ce que ces cas ont en commun : des zones, des espaces pour s’isoler… et, quand les équipes ne sont pas convaincues, de la résistance.

Faut-il sortir du flex office ? Le retour du bureau attribué

Un mouvement inverse se dessine, surtout aux États-Unis. En juin 2026, lors d’une conférence Bisnow à New York, Linda Foggie, responsable mondiale de l’immobilier de Scotiabank, décrivait un glissement « lent et discret » vers davantage de postes attribués et moins de flex.

Les données suivent, sans renverser la table. Chez les clients de l’éditeur HubStar (173 immeubles, 13 pays), les bureaux fermés sont passés de 4 % des espaces de travail en 2023 à 10 % en 2025 (Workplace Insight, février 2026), même si 78 % des postes restent en open space (HubStar). Et dans l’enquête CBRE 2026, 89 % des 97 entreprises américaines interrogées exigent au moins trois jours de bureau par semaine, contre 78 % un an plus tôt (Facilities Management Advisor, août 2026).

Plus de présence, c’est moins de postes à économiser, à condition que la présence exigée devienne réelle (voir le calcul au jour de pointe).

Côté salariés, les enquêtes convergent, chacune avec son périmètre :

EnquêteRésultatPérimètre
Gensler, Global Workplace Survey 2026Près de 60 % des salariés sans poste attribué préféreraient un espace à eux16 459 salariés de bureau, 16 pays
Steelcase, « L’ère du travail hybride » (2022)55 % préfèrent un poste attribué, quitte à télétravailler moins ; 62 % en France5 000 participants dans 11 pays
ESSEC, « Mon bureau post-confinement III » (2021)9 % seulement pour les espaces non attribués ; une très large majorité préfère le bureau fermé1 868 employés de bureau, avril 2021
JLL (janvier 2024)81 % pensent pourtant que le flex office est appelé à durerSalariés de bureaux en France

Sources : Gensler, chiffres cités dans Fortune (avril 2026) ; Steelcase, via Republik Workplace (mai 2022) ; chaire Workplace Management de l’ESSEC (page archivée) ; JLL.

Conseil

Sortir du flex office ? Rarement en bloc. Présents trois jours par semaine ou plus ? Réattribuez des postes aux plus assidus et gardez du flex pour les autres. Postes vides deux jours sur cinq ? Le flex reste rationnel, avec de vrais espaces pour s’isoler.

Questions fréquentes (FAQ)

C’est quoi le flex office ?

Une organisation des bureaux où le partage des postes est généralisé : personne n’a de poste attribué, chacun s’installe chaque jour à une place libre. « Flex desk » est ambigu : il désigne tantôt le flex office, tantôt le poste non attribué.

Comment fonctionne le flex office ?

Chaque matin, on choisit un poste selon sa tâche, réservé ou non via une application ; le soir, on le libère et on range ses affaires dans un casier.

Comment mettre en place le flex office ?

Mesurer la présence réelle, associer salariés et représentants, tester sur un service, fixer les règles, ajuster. Le détail est dans notre guide pour mettre en place le flex office.

Quels sont les avantages du flex office ?

Moins de postes vides à payer, des m² à rendre ou à transformer en cabines et en salles, des équipes qui se croisent et des bureaux calés sur le travail hybride.

Pourquoi le flex office est-il une mauvaise idée ?

Il le devient quand il est mal dimensionné ou imposé à des métiers qui n’y gagnent rien : concentration difficile, bureau impersonnel, places qui manquent le mardi. Selon Gensler (2026), 67 % des salariés sans poste attribué estiment que le bureau soutient efficacement leur concentration, contre 80 % avec un poste attribué.

Comment manager en flex office ?

En pilotant aux résultats, en fixant des jours communs et en donnant à chaque équipe un « quartier ». Voir aussi comment maintenir la cohésion d’équipe.

Le flex office impose-t-il le hot desking pour tous ?

Non. Le hot desking (premier arrivé, premier servi) n’est qu’une modalité. On peut réserver son poste à l’avance (desk booking), attribuer une zone à chaque équipe ou garder des postes attribués pour certains métiers.

Combien de jours de présence prévoir ?

Cela se décide dans l’entreprise : le télétravail est mis en place par un accord collectif ou, à défaut, par une charte élaborée par l’employeur après avis du CSE, s’il existe ; sans accord ni charte, salarié et employeur formalisent leur accord par tout moyen (article L1222-9). La coprésidente de Gensler, Diane Hoskins, conseille un poste attribué dès trois jours de présence (Fortune, avril 2026) : c’est l’avis d’un cabinet d’architecture, pas une règle. Pour dimensionner, fiez-vous à la présence mesurée, pas aux jours imposés.

Le bon flex office est celui qu’on a mesuré

Ni mode à suivre, ni erreur à fuir, le flex office est un calcul (combien de postes au jour de pointe ?) et un aménagement (où s’isoler, se retrouver, ranger ses affaires ?). Réussissez les deux, et vos équipes gagneront des espaces au lieu de perdre leur bureau.

🎁 Un projet de flex office ?

Parlez-nous de votre projet : effectif, jours de présence, surface et échéance. Et profitez de 5 % de réduction sur l’ensemble du mobilier Kollori avec le code blogko5.

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