Illustration d’un open space lumineux avec de longues tables partagées, où deux collègues discutent penchés sur un plan pendant qu’une troisième travaille au casque

Open space : définition, avantages et inconvénients

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Open space : définition, avantages et inconvénients

On l’a présenté comme la recette miracle de la collaboration, puis comme l’ennemi numéro un de la concentration. L’open space n’est ni l’un ni l’autre : c’est un outil, qui marche très bien pour certaines équipes et très mal pour d’autres. Tout dépend de ce que vous y faites, du nombre de personnes qu’on y met et de ce qu’on prévoit autour.

Définition, origines, études (dont une qui surprend), surfaces recommandées, puis un arbre de décision pour trancher.

3,2 M
de salariés travaillent en open space en France, soit deux salariés de bureau sur cinq
≈ − 70 %
d’échanges en face à face après le passage de deux sièges sociaux en open space
64 %
des actifs en open space gênés par le bruit, contre 42 % en bureau individuel fermé

Sources : Dares (décembre 2023, données 2019) ; Bernstein et Turban, Philosophical Transactions of the Royal Society B (2018) ; Ifop pour l’association JNA (1 528 actifs, octobre 2025).

Open space : la définition

Un open space (ou « espace ouvert », « plateau », « bureau paysager ») est un espace de travail partagé où les postes ne sont séparés ni par des murs ni par des cloisons pleines. On y trouve au mieux des cloisonnettes basses, des écrans ou des rangements.

Les normes acoustiques reprises par l’INRS sont plus précises :

  • Bureau individuel : une pièce fermée, pour une personne.
  • Bureau collectif : une pièce fermée de 2 à 5 personnes, avec ou sans cloisonnettes entre les postes.
  • Espace ouvert : plus de 5 personnes sans séparations complètes entre les postes. Et un espace qui donne directement sur la circulation principale est un open space, même avec moins de 5 postes.

Votre « petit bureau à quatre » ouvert sur le couloir est donc déjà un open space.

D’où vient l’open space ?

L’open space n’a rien d’une invention de start-up. Il a plus d’un siècle :

  • 1906, les rangées de l’ère industrielle. Le Larkin Administration Building de Frank Lloyd Wright, à Buffalo, installe les employés autour d’un grand atrium ouvert. C’est l’époque des rangées de tables inspirées de l’organisation scientifique du travail.
  • 1958, le bureau paysager. À Hambourg, les frères Eberhard et Wolfgang Schnelle fondent le Quickborner Team et inventent la Bürolandschaft : des îlots disposés selon les flux de travail, séparés par des plantes et des écrans courbes, pour casser la hiérarchie. Bertelsmann est l’un de leurs premiers clients.
  • 1968, l’Action Office. Robert Propst dessine pour Herman Miller un mobilier modulaire censé offrir autonomie et intimité. Détourné, il donnera naissance aux cubicles, les boxes alignés des bureaux américains.
  • Années 2000-2010, les benchs. Les longues tables partagées des start-ups deviennent la norme, portées par l’image « collaborative » et le prix du mètre carré.
  • Depuis 2020, l’open space hybride. Avec le télétravail, les postes se partagent et le plateau se découpe en zones selon les activités.
Illustration d’un bureau paysager des années 1960, avec des bureaux en bois disposés en îlots irréguliers, séparés par des plantes et des écrans courbes, où des employés tapent à la machine et téléphonent

💡 Le saviez-vous ?

Le bureau paysager d’origine pensait déjà en îlots, en végétal et en circulations. Le « zoning » que l’on redécouvre aujourd’hui a plus de soixante ans.

Les variantes : cloisonné, flex office, activity-based

« Open space » recouvre aujourd’hui des aménagements très différents. Avant de dire « pour » ou « contre », vérifiez de quelle version on parle :

VariantePrincipePour qui
Open space classiquePostes attribués en rangées ou en benchs, sans séparationÉquipes qui échangent en continu, sur place tous les jours
Open space cloisonnéMêmes postes, avec cloisonnettes, écrans et rangements qui cassent la vue et le sonÉquipes mixtes, besoin de calme ponctuel
Flex officePas de poste attitré : on s’installe où il y a de la placeÉquipes hybrides, présence irrégulière
Bureau activity-basedLe plateau est découpé en zones : calme, collaboration, appels, convivialitéMétiers qui alternent concentration et travail d’équipe

Le flex office et le desk sharing ne sont pas des synonymes d’open space : ce sont des façons de partager les postes, qui se pratiquent le plus souvent dans un espace ouvert. Le bureau activity-based (« par activités ») va plus loin : on change d’endroit selon ce qu’on fait.

Illustration en coupe d’un plateau de bureaux organisé par activités, avec une pièce calme vitrée où l’on lit, des postes partagés au centre, une petite salle de réunion vitrée et un coin café avec canapé

Les avantages de l’open space

  • Moins de mètres carrés par personne. Pas de murs, pas de portes, moins de circulations : à surface égale, on installe davantage de postes. C’est, soyons honnêtes, la première raison pour laquelle les entreprises choisissent l’open space.
  • Un aménagement plus simple à faire évoluer. Déplacer des benchs coûte bien moins cher que déplacer des cloisons : un atout pour une entreprise qui grandit vite.
  • L’entraide au quotidien. Selon la Dares, 92 % des salariés en open space disent pouvoir compter sur leurs collègues pour les aider dans les tâches délicates, contre 86 % en bureau classique. La question rapide à la voisine, ça existe.
  • L’information qui circule. On repère qui travaille sur quoi, les nouveaux apprennent en écoutant. Précieux pour une équipe commerciale ou un support client.

Les inconvénients de l’open space

  • Le bruit, loin devant. 64 % des actifs en open space se disent gênés par le bruit, contre 42 % en bureau individuel fermé (Ifop pour la JNA, 2025). Ce qui fatigue, ce sont les conversations que l’on comprend malgré soi : les solutions sont dans notre guide pour réduire le bruit en open space.
  • La concentration. 37 % des actifs ont du mal à se concentrer au bureau ; en open space, c’est 43 %, selon le baromètre Actineo 2023.
  • Un travail plus contrôlé. La Dares relève que 39 % des salariés en open space subissent au moins trois contraintes de rythme de travail, contre 33 % en bureau classique, et qu’ils disposent de moins d’autonomie.
  • La santé. Toujours selon la Dares, 34 % des salariés en open space ont connu au moins un arrêt maladie dans l’année, contre 27 % en bureau classique. Attention, c’est une corrélation : les open spaces accueillent aussi d’autres métiers (centres d’appels, informatique).
  • L’intimité. Un appel au médecin, un entretien délicat : sans lieu pour s’isoler, tout se passe sous les oreilles des voisins.

Sources : Dares Analyses (décembre 2023, enquête Conditions de travail 2019) ; baromètre Actineo 2023 ; Ifop pour la JNA (2025).

Un bon casque anti-bruit aide, mais l’essentiel se joue dans l’aménagement et les règles communes : voyez notre guide des règles à suivre en open space.

Collaboration : ce que disent vraiment les études

L’argument massue de l’open space, c’est qu’on se parle plus. L’étude la plus citée dit l’inverse.

En 2018, Ethan Bernstein et Stephen Turban (Harvard) ont équipé les salariés de deux sièges sociaux de badges capteurs, avant et après leur passage en open space. Résultat : les échanges en face à face ont baissé d’environ 70 % dans les deux cas, et les e-mails et messageries instantanées ont augmenté. Exposés en permanence au regard des autres, les salariés se replient : on s’isole, et on s’écrit plutôt que de se parler.

L’INRS va dans le même sens dans son guide de conception des lieux de travail : l’installation en open space « peut limiter le nombre et la qualité des communications verbales et donc la performance de l’entreprise ».

L’open space tue-t-il la collaboration ? Il tue surtout la collaboration sous le regard de tout le plateau. Les échanges reviennent quand on leur donne des lieux : table haute, petite salle, coin café. D’où l’intérêt des aménagements pensés pour le travail collaboratif.

❌ L’open space subi

  • 30 postes alignés, les équipes mélangées
  • Les appels et les visios passés au poste
  • Aucune pièce fermée disponible
  • La salle de réunion ouverte sur les bureaux
  • Des casques pour « régler » le problème

✅ L’open space réussi

  • Des îlots de 10 personnes maximum, par équipe
  • Des cabines et des bulles pour les appels
  • Une zone calme, loin des passages
  • Café et réunions isolés des postes
  • Des règles de vie écrites avec l’équipe

L’open space à l’heure des visios et du télétravail

L’open space a été pensé pour des équipes présentes toute la journée. Le travail hybride a changé la donne :

  1. La visio s’est installée au poste. Un appel dure quelques minutes, une visio une heure, et l’on parle plus fort face à un écran. Quatre visios simultanées suffisent à rendre un plateau invivable.
  2. Le plateau est à moitié vide certains jours, saturé d’autres. Le mardi, personne ne trouve de salle ; le vendredi, on est seul au milieu de quarante bureaux.
  3. On vient au bureau pour autre chose. Quand la concentration peut se faire chez soi, on vient pour voir ses collègues. L’open space redevient pertinent… à condition de pouvoir s’isoler.

Les salariés le disent clairement : selon le baromètre Actineo 2025, 44 % des actifs souhaitent pouvoir s’installer dans un bureau fermé quand son occupant est absent, et 25 % veulent des bulles ou des boxes de confidentialité. Pas un retour au bureau fermé pour tous, donc : des pièces fermées en plus du plateau.

Conseil

Avant d’ajouter des postes, comptez vos lieux pour s’isoler. L’INRS le constate : quand l’open space ne convient pas à certaines activités, cabines et bulles sont bien plus utilisées que prévu. Dimensionnez-les d’après les métiers, pas d’après un ratio vu ailleurs. Et une phone box bien placée règle souvent plus de problèmes qu’un casque par salarié.

Source : baromètre Actineo 2025 (Sociovision-Ifop, 1 500 actifs travaillant dans des bureaux).

Quelle surface par poste en open space ?

Première surprise : le Code du travail ne fixe pas de surface minimale par salarié dans les bureaux. Les repères viennent des normes et de l’INRS.

  • La norme NF X35-102 (aménagement des espaces de travail tertiaires) recommandait dans son ancienne version 10 m² par personne, 15 m² quand l’activité repose sur la parole. La version de février 2023 ne donne plus aucune surface, un choix critiqué par des ergonomes qui y voient une porte ouverte à la densification.
  • L’INRS maintient des repères dans sa brochure ED 950 (5e édition, juin 2025) : 10 m² minimum pour un bureau individuel, 11 m² par personne en bureau collectif, et 15 m² par personne quand l’activité principale repose sur les communications verbales, comme dans un centre d’appels. Hors circulations principales, salles de réunion et espaces de convivialité.

Pour les espaces ouverts, l’INRS donne surtout des règles de conception, qui font une bonne checklist avant de valider un plan :

  • Pas plus de 10 personnes dans un même espace ouvert
  • Des postes regroupés par équipe stable, qui partage des objectifs communs
  • Des benchs de 4 postes plutôt que de 6, et jamais plus de 6
  • 90 cm libres entre la circulation principale et les postes quand rien ne les en sépare, et des postes qui ne lui tournent pas le dos
  • Pas de face-à-face sans séparation, pour ne pas avoir un collègue dans le champ de vision toute la journée
  • Espaces de convivialité et reprographie isolés phoniquement
  • Des espaces fermés pour une ou deux personnes (bulles, cabines), prévus selon les métiers

Sources : INRS, ED 950 « Conception des lieux et des situations de travail » (juin 2025) ; B. Michel, G. Bouché et P. Josse, « La nouvelle norme NF X35-102 est publiée », Société d’ergonomie de langue française (octobre 2023).

Pour traduire ces repères en plan, le space planning est l’étape à ne pas sauter, et notre guide du budget d’aménagement de bureau aide à chiffrer les cabines et le traitement acoustique.

L’open space est-il fait pour votre équipe ?

Ouvrez les questions qui vous concernent. Trois « oui » aux trois premières, et l’open space pur n’est pas pour vous.

Faut-il passer en open space ?

L’essentiel du travail demande une concentration longue (juridique, comptabilité, rédaction, développement) ?

👉 Open space cloisonné au minimum, avec une vraie zone calme. Ou des bureaux collectifs de 2 à 5 personnes.

Vos équipes passent plusieurs heures par jour au téléphone ou en visio ?

👉 Pas d’open space sans cabines en nombre suffisant. Et si l’activité repose sur la parole, visez 15 m² par personne, comme le recommande l’INRS.

Vous traitez des informations confidentielles (RH, paie, direction, santé) ?

👉 Bureaux fermés pour ces fonctions, open space possible pour les autres.

L’équipe échange en continu et gagne à entendre ce qui se passe (vente, support, projet) ?

👉 L’open space a du sens, en îlots de 10 personnes maximum, avec des lieux pour s’isoler.

Moins de la moitié de l’équipe est présente chaque jour ?

👉 Réfléchissez au flex office ou au bureau par activités, et réinvestissez les m² libérés dans des cabines et des salles.

La principale motivation est de gagner des m² ?

👉 Gardez une partie de l’économie pour l’acoustique et les espaces fermés. Sinon, vous la paierez en concentration et en départs.

Dans tous les cas, construisez le projet avec ceux qui vont y travailler : notre méthode pour aménager ses bureaux de façon participative détaille comment faire, CSE compris.

Questions fréquentes

Quelle est la définition d’un open space ?

Un espace de travail partagé, sans murs ni cloisons pleines entre les postes. Pour l’INRS, c’est le cas au-delà de 5 personnes sans séparations complètes, ou dès que les postes donnent directement sur la circulation principale.

L’open space est-il bon pour la productivité ?

Pas en soi : moins d’échanges en face à face (environ − 70 % dans l’étude de Harvard) et plus de difficultés de concentration. Un plateau zoné, avec des lieux pour s’isoler, limite ces effets.

Quelle surface minimum par personne en open space ?

La loi n’en fixe pas. L’INRS recommande 11 m² par personne en bureau collectif et 15 m² quand l’activité repose sur la parole, hors circulations principales et salles communes. La norme NF X35-102, dans sa version de 2023, ne donne plus de surface.

Peut-on refuser de travailler en open space ?

En règle générale, non : l’organisation des locaux relève du pouvoir de direction de l’employeur. En revanche, celui-ci doit évaluer les risques liés au bruit et aux conditions de travail, et le CSE doit être consulté sur un projet d’aménagement important dans les entreprises d’au moins 50 salariés.

Quelle différence entre open space et flex office ?

L’open space décrit l’espace, sans cloisons ; le flex office décrit l’usage, sans poste attitré. Les deux se combinent souvent, mais pas toujours.

Un plateau, pas un dogme

Petit, organisé par équipe et entouré de lieux pour s’isoler, l’open space marche. Utilisé seulement pour gagner des mètres carrés, il échoue. Regardez d’abord ce que vos équipes font de leurs journées : le plan suivra.

🎁 Un projet d’open space à repenser ?

Parlez-nous de votre projet : benchs, cloisonnettes, cabines, zones calmes. On vous aide à trouver le bon équilibre entre plateau ouvert et espaces pour s’isoler. Et profitez de 5 % de réduction sur l’ensemble du mobilier Kollori avec le code blogko5.

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